ATELIERS SCIENTIFIQUES ET LUDIQUES

Adaptation de l’Homme à la respiration en très haute altitude

Conférence en ligne sur Zoom le 29 MAI à 18h00

Mobirise

Résumé :

L’adaptation des êtres vivants à l’hypoxie d’altitude a passionné de nombreux scientifiques depuis le 19ème siècle, bien que le terme « hypoxie » lui-même n’ait été inventé qu’au milieu du 20ème siècle.

L’oxygène étant indispensable pour la vie de toutes nos cellules, le manque d’oxygène constitue une contrainte majeure pour tous les organismes. L’hypoxie se rencontre dans de nombreuses situations comme la vie en altitude ou des maladies touchant les systèmes respiratoires ou cardiovasculaires et récemment dans des maladies infectieuses comme la COVID-19. Des mécanismes se sont développés pour contrebalancer ce manque d’oxygène : accélération de la ventilation pulmonaire et du rythme cardiaque, production accrue de globules rouges (les transporteurs d’oxygène), activation de nombreux gènes impliqués dans le transport d’oxygène via une molécule (HIF) qui a fait récemment l’objet d’un Prix Nobel de Physiologie et Médecine. Ces mécanismes sont efficaces jusqu’à un certain point, tant que la contrainte hypoxique n’est pas trop intense. Quand ils sont débordés, se développent des pathologies spécifiques : Mal des Montagnes, Œdème pulmonaire ou cérébral de haute altitude.

Certaines espèces animales sont génétiquement adaptées à la haute altitude, comme certains camélidés vivant sur les hauts plateaux Andins ou les oies cendrées qui volent au dessus de l’Himalaya lors de leur migration. Chez l’Homme, l’adaptation de certaines populations à la haute altitude n’a fait que récemment l’objet d’études approfondies. Il semble que les Tibétains possèdent des variants de HIF leur permettant de s’adapter à la haute altitude et d’éviter les pathologies associées. En revanche, les Andins ne bénéficient pas des mêmes « avantages ». Les différences semblent être liées au temps passé en altitude (40000 ans chez le Tibétains, 12000 ans chez les Andins) et à l’isolement vis-à-vis d’autres populations.

Présenté par : JP Richalet

Jean-Paul Richalet, Docteur ès Sciences et Docteur en Médecine est Professeur émérite de physiologie à la faculté de médecine de l’Université Sorbonne Paris-Nord, chercheur au sein de l’Unité INSERM 1272 Hypoxie et Poumon. Il est également médecin à l’INSEP dans le cadre de la prévention des accidents liés à la haute altitude. Il s’est intéressé depuis 40 ans aux mécanismes d’adaptation de l’Homme à la vie en haute altitude. Cette passion l’a amené à parcourir le monde et les hauts sommets, de l’Himalaya aux Andes, de la Namibie au Cap Nord. Il a organisé plusieurs expéditions en haute altitude. Il a particulièrement étudié les mécanismes personnels de tolérance à l’hypoxie, mais également les mécanismes évolutifs ayant permis aux populations cette vie en haute altitude. Il est auteur de plusieurs livres de vulgarisation, de physiologie humaine, de médecine de montagne………et de poésie.

Conférence le 29 MAI sur Zoom à 18h00

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